La tuile de 9 lignes

Documentaire réalisé par les élèves du collège de Bois le Roi

Site créé par l’un des élèves :

https://tuilede9lignes.wixsite.com/escapes-games

La tuile mystérieuse

La date

Tuile de couverture de forme rectangulaire du 1er siècle après JC.
Provient probablement d’un temple.
Découverte au bord d’un grand bassin

A fait l’objet d’un réemploi antique au IIIe siècle après JC comme bac à chaux.

La description

L’objet en question est une tuile en argile : de couleur marron gris, et de forme rectangulaire (bien sûr elle est actuellement effritée par le temps) avec une écriture dessus, elle servait bien sûr à écrire. 9 lignes et une tuile : mieux que les 1000 et une nuit !

L’alphabet employé est l’alphabet latin, en cursive, c’est à dire l’écriture « attachée », mais il note la langue gauloise. On suppose l’emploi d’un mot grec. Les gaulois n’avaient pas d’alphabet propre, mais employait celui des peuples voisins : grec ou latin.

Comment peut-on écrire sur une tuile? Eh bien c’est très simple : avant que l’argile ne durcisse on écrit avec un stylet métallique puis l’argile durcit car on la cuit et cela forme ce que nous avons vu.

Le contexte

Ce texte, gravé sur un support qui n’était pas destiné à recevoir une écriture, peut-être interprété comme une sentence judiciaire : on peut le deviner en se référant à d’autres tuiles.

De plus une tuile peut se garder longtemps et donc la sentence doit se garder dans le temps, voilà un autre indice mais il y a encore beaucoup de chose que nous ignorons à propos de cette tuile car elle n’a pu être complètement traduite.

Il peut aussi peut-être s’agir d’un contrat de potier. En tout cas un texte destiné à être conservé.

Pourquoi écrit-on?

Dans l’Antiquité, comme les supports d’écriture sont plus rares
qu’aujourd’hui, on se sert davantage de sa mémoire ! Cependant, l’écriture permet de fixer des comptes, des contrats commerciaux, des textes de lois, des décrets, des sentences judiciaires, des avis de spectacles, des slogans électoraux, des graffitis amoureux, des œuvres littéraires, historiques, des discours judiciaires… et des exercices d’écriture sur tuile comme le montre la
tuile de l’alphabet de Châteaubleau !

Que signifie t-elle?

La classe de 3e latiniste du Collège Denecourt de Bois-le-Roi a eu l’honneur de recevoir la visite du professeur Pierre-Yves Lambert, chercheur en retraite, spécialisé dans l’histoire et l’étymologie des langues celtiques ainsi que dans l’étude des littératures celtiques.
Monsieur Lambert a exposé ses hypothèses concernant la traduction de ce texte gravé sur un support étonnant mais usuel dans le monde romain.
Il l’interprète:
Comme une sentence judiciaire. Il peut le deviner:
 En se référant à d’autres tuiles comme celle de Villafranca où la
presence de deux écritures différentes, attribuables à deux personnages differents, lui apparaît comme la caractéristique des textes judiciaires sur tuile.
 À sa position sur le site. En effet, la tuile a été trouvée dans un endroit très fréquenté et sacré : un temple.
 À sa durabilité et sa solidité : une tuile peut se garder longtemps. On y inscrit une sentence qui doit se conserver dans le temps; bien que les chercheurs n’aient aucune idée de la durée pendant laquelle il fallait laisser en place cet affichage sur tuile.
Voici donc trois indices mais il y a encore beaucoup de choses que nous ignorons à propos de cette tuile car elle n’a pu être complètement traduite par Monsieur Lambert.
Ou comme un contrat de potier. Il peut le supposer à cause:
 de sa localisation dans une agglomération où travaillaient des potiers. Un four de poterie ayant été retrouvé le long de la voie AGRIPPA à la sortie du village atteste de cet artisanat sous l’antiquité.
 De la présence du mot figliZati, qui peut être une forme du mot latin figulus “potier” (lire peut – être figliZanti: “pour celui qui devient potier”);
 De l’existence de la tuile de Pécy (factures pour tuiles) et de la tuile de Châteaubleau conservée à Provins (compte de potier).

Les gallo-romains

L’agriculture reste l’activité principale des Gallo-Romains

L’agriculture Gauloise était supérieure à celle des Romains et grâce à une charrue et à une moissonneuse assez perfectionnées pour l’époque, les Gallo-Romains ont été à mêmes de mettre leurs terres suffisamment en valeur pour récolter des produits de qualité qu’ils ont pu écouler sans peine sur les différents marchés de l’Empire.

En ce qui concerne l’élevage, nos ancêtres exportaient des chevaux, des moutons et des porcs ainsi que des salaisons renommées jusqu’à Rome !

Les Gallo-Romains étaient passés maîtres dans la culture du lin et l’élevage de moutons. Ils tissaient eux-mêmes la toile et filaient la laine. Les Atrébates, les Nerviens et les Trévires les transformaient en draps et en manteaux à capuchon dont la mode s’imposa jusqu’en Orient.

Les artisans s’activent

La poterie se développe et les potiers utilisent désormais un poinçon de fer portant leurs initiales ou leur marque de fabrique ; ils en gravaient toutes les plats, les cruches et les terrines sortant de leurs fours.

Les artisans produisent en abondance des objets d’art appliqué d’une technique raffinée :

  • Bracelets et fibules émaillées
  • Figurines de faïence
  • Vases en verre teinté et coulé en relief

Et une industrie commence à se développer

De nombreuses activités industrielles voient le jour et ne tardent pas à prospérer, notamment dans le domaine de la sidérurgie.

Avant la conquête, les fondeurs réduisaient le fer dans de petits fourneaux creusés dans l’argile, chauffés au bois, et dont la flamme était simplement entretenue par le vent. L’arrivée des Romains va perfectionner le procédé :

  • Le bois est remplacé par du charbon de bois
  • Pour activer la flamme, on utilise des soufflets au lieu de s’en remettre au vent

Ce progrès permit de créer de véritables petites usines occupant plusieurs ouvriers. Les ressources en minerai de fer intensifièrent la fabrication d’outils, d’ustensiles, de clous et d’armes.

Et pour payer ?

Avec la domination romaine, les monnaies gauloises locales disparurent peu à peu et furent remplacées par la monnaie de Rome. Les symboles gaulois cédèrent le pas aux effigies des empereurs et aux vertus divinisées reléguées au revers des pièces en or ou en bronze.

Pour la petite histoire, on a retrouvé dans la région de Virton et dans le village de Chateaubleau, des moules servant à la fabrication de fausses monnaies …

Un acteur indispensable : le réseau routier

L’établissement d’un réseau routier et d’un cadastre à la romaine joua un rôle essentiel dans le développement du pays :

  • Il facilita le déplacement des marchands et des armées
  • Il accéléra l’urbanisation du pays
  • Il permit d’instaurer un service de courrier rapide destiné à transmettre les ordres et les nouvelles à travers l’empire.

Avec méthode et à grand renfort de corvées imposées aux légionnaires, les romains consolidèrent les anciennes voies celtiques et en firent des chaussées construites sur de solides caissons de silex ou de scories.

Pour le confort des voyageurs, on veilla à aménager les routes :

  • Les voies romaines étaient jalonnées de bornes milliaires   hautes de 2 à 4 mètres. Elles étaient destinées à fournir des indications aux voyageurs, notamment :
    • Le nom de l’empereur qui avait fait construire la voie
    • La distance jusqu’à la prochaine étape ainsi que les distances jusqu’aux villes importantes
  • Des gués et les ponts permettaient de franchir les cours d’eau
  • Des relais et des auberges étaient prévus pour changer de monture ou pour se restaurer et passer la nuit.

Le réseau routier comprenait 3 types de routes :

  • Les chaussées publiques (viae publicae) : ce sont les grandes voies reliant les grandes cités entre elles. Leur largeur moyenne se situe entre 6 et 12 mètres
  • Les chaussées vicinales (viae vicinales) : elles s’embranchent à partir des chaussées publiques et permettent de relier les « vici ». Leur largeur moyenne est de 4 mètres
  • Les chaussées privées (viae privatae) : elles reliaient les villae aux chaussées publiques ou vicinales. Leur largeur moyenne est comprise entre 2,50 et 4 mètres.

Site Archéologique Gallo-Romain / Initiation à l'archéologie

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